La résilience ou l’art de surmonter les épreuves

Résiliente ou pas  ?

Les personnes résilientes ont la capacité ou ont eu la possibilité de donner un sens à leurs épreuves, de comprendre et de parler de ce qui les a blessés ou traumatisés.

En fait, il semble que la possibilité de donner un sens à sa vie, constitue un élément essentiel permettant de surmonter les difficultés.

Car la souffrance cesse lorsqu’elle devient significative. 

En effet, il est plus facile d’accepter (et d’aimer) quelque chose que l’on comprend.

L’homme ne cherche ni le plaisir, ni la souffrance, mais une raison de vivre, avant tout. C’est pourquoi il accepte la souffrance, à la condition qu’elle ait un sens et que cela permette ainsi de trouver que la vie n’est pas totalement absurde.

Voilà pourquoi le développement personnel et/spirituel peut jouer un rôle important de soutien dans cette recherche de sens.

Tel est mon cas.

Car les gens résilients n’oublient pas leur passé, pas plus qu’ils ne l’utilisent pour s’apitoyer. Ils cherchent plutôt à comprendre ! 

C’est en faisant sienne l’expérience, en se l’appropriant par un travail d’intégration et d’auto-guérison, que l’on cesse de combattre ce qui fait désormais partie de l’histoire personnelle. L’oubli est impossible, personne ne peut oublier un événement qui a fait basculer sa vie ou conditionner sa vie pendant des années ! 

Oublier non, mais plutôt tenter de vivre avec satisfaction malgré la/les blessure(s).

La résilience est ainsi un parcours difficile qui ne se fait pas seule et est bien sûr propre à chaque personne, cependant on observe des points communs au cheminement des gens résilients :

– la reconnaissance du trauma (ne pas nier! ce qui n’est pas toujours évident car la souffrance au sein d’une famille par exemple, est souvent taboue)

– le recours à des ressources jusqu’alors inutilisées, parfois latentes ou insoupçonnées (sortir de nouveaux outils de son coffre à outils ! continuer de se projeter dans un “ailleurs” inspiré de nos envies, désirs et projets personnels)

– une propension à l’épanouissement (désir d’être heureuse malgré tout! et de garder foi en l’amour.)

 

Il est tout de même important de préciser que la résilience, même si elle est souhaitable, ne doit pas nous faire tomber dans le piège de considérer qu’être résiliente signifie être meilleure ou encore qu’il est noble de souffrir !

 Car il est clair qu’il n’y a pas de traumas souhaitables même si certaines peuvent ressortir plus fortes de l’épreuve. 

De même, il n’y a pas d’épreuves, objectivement ou évidemment, plus difficiles à surmonter. Il n’y a pas non plus de «fort » ou de « faible» 

 

Origine du mot 

Le terme de résilience, emprunté à la physique, désigne le retour à l’état initial d’un élément déformé. 

Les psychiatres américains spécialisés dans la petite enfance, ont adopté le mot dans les années 90. 

Il a ensuite été popularisé en France par Boris Cyrulnik. 

A en croire le psychothérapeute, « environ une personne sur deux subit un traumatisme au cours de son existence, qu’il s’agisse d’un inceste, d’un viol, de la perte précoce d’un être cher, d’une maladie grave ou d’une guerre ».

Je rajouterais que d’autres épreuves, telle qu’une maltraitante psychologique et émotionnelle, peut provoquer un trauma chez certains enfants.

 

La résilience est-elle innée ou acquise? 

“ Notre développement est régi par un certain nombre de déterminants génétiques. Le cerveau de certains individus sécrète beaucoup de dopamine et de sérotonine, qui jouent un rôle d’euphorisants. 

A contrario près de 2 % des enfants naîtraient avec un potentiel de « force psychique » diminué. Il serait cependant illusoire d’imaginer qu’une analyse de l’ADN suffirait à savoir si un enfant est prédisposé. Son caractère et son environnement affectif jouent un rôle primordial .

Dès leurs premiers jours, les bébés adaptent leurs comportements en fonction de l’attitude des parents à leur égard. Quatre sortes d’attachement réciproque peuvent ainsi être distinguées :

  • Sécurisant (65 %), ces enfants ont les meilleures chances de s’en sortir en cas de malheur ;
  • Evitant (20 %), ils maintiennent leurs distances ;
  • Ambivalents ou désorganisés (15 %). (extrait de doctissimo.fr, la résilience, rebondir plus haut après les épreuves)

Selon le type de relation qu’ils réussissent à établir, ils sauront plus ou moins bien se reconstruire après une blessure de la vie.

 

Savoir mettre au monde 

« Faire naître un enfant n’est pas suffisant, il faut aussi le mettre au monde » affirme Boris Cyrulnik. 

Ses travaux insistent sur l’importance des « nourritures affectives ». 

Les adultes doivent aider les enfants à se construire un capital psychique qui leur permettra de façonner leur résilience et trouver les ressources intérieures et extérieures le moment venu. Ainsi quand un père joue à poursuivre son enfant en faisant la grosse voix, ce dernier comprend qu’il s’agit d’un jeu. Cette comédie permet la familiarisation avec l’inconnu et sert à maîtriser sa peur. 

Cela ne signifie pas que l’enfant sera « immunisé » à vie contre les malheurs, mais il acquière un premier facteur de résilience.

De même que si, en tant qu’enfant nous avons subi un trauma, il est important d’être des adultes résilients afin de ne pas les transmettre à nos enfants et aux générations futures ( ce qu’on nomme la psychogénéalogie)

 

L’indifférence n’est pas la résilience

Pour se protéger, les enfants non résilients mettent en oeuvre des stratégies qui vont de la négation des événements dont ils ont été victimes, à l’humour qui permet la mise à distance, ou la haine. 

Un jour les enfants se révoltent et refusent d’être stigmatisés dans le rôle d’une victime qui subit. Légèrement narcissiques les résilients ? Peut-être, car il y a quelque chose de l’ordre du défi qui s’exprime ainsi : « l’image que vous vous faites de moi ne correspond pas à ma réalité. Un jour je m’en sortirai et vous montrerai de quoi je suis capable ». 

Ce sursaut d’orgueil s’appuie souvent sur des « tuteurs de développement »: des adultes compréhensifs, choisis comme substitut parental, qui vont leur redonner confiance en posant sur eux un nouveau regard.

Mais cet orgueil peut vite tourner au combat. Combat contre soi-même et contre le monde entier.

Nous n’avons rien à prouver ni à nous, ni à personne. Nous avons accès à notre pouvoir personnel, notre empowerment si nous le souhaitons. Notre résilience est entre nos mains et surtout dans notre cœur.

Je sais à quel point cela peut être douloureux et compliqué, le chemin est certes difficile, voire très difficile, mais pas impossible. Je l’ai fait après avoir perdu complètement espoir en une quelconque perspective d’avenir heureuse pour ma vie.

En comparant mon expérience et celle d’une personne proche non résiliente, auprès de qui j’ai grandi et que j’ai soutenu de mon coeur et de toutes mes forces, l’accès à la résilience peut parfois être compliqué voire impossible à cause d’une trop grande colère et d’une mise à distance de l’amour.

C’est pourquoi aujourd’hui je souhaite plus que tout, pour moi et pour toutes les femmes qui le souhaitent, aider le plus grand nombre à guérir leur coeur afin d’accéder à leur bonheur, à l’amour et à leur épanouissement personnel.

Laurie